psa
Plan du site Rechercher
MeilleurPlacement

Qui sont ces Français qui épargnent solidaire ?

  • Par
Protéger son épargne
© rangizzz - Fotolia.com

En plein essor, l’épargne solidaire englobe divers types d’épargne, et, en conséquence, divers profils d’épargnants. Finansol a réalisé une vaste étude pour profiler les grandes catégories d’épargnants solidaires, qui seraient aujourd’hui près d’un million en France. Trois grandes familles émergent. Portraits-robots de ces épargnants plus ou moins engagés.

L’épargne solidaire a le vent en poupe. Ce segment bien particulier – et encore relativement anecdotique - de l’épargne bouclait 2013 sur un encours de plus de 6 milliards d’euros, en progression de +28% en un an. Selon Finansol, collectif créé en 1995 s’affichant comme l’acteur central de la finance solidaire en France (et créateur du label éponyme attribué à certains produits d’épargne), on compte désormais « entre 800.000 et 1 million » d’épargnants solidaires dans l’Hexagone. Qui sont ces Français qui rajoutent un « supplément d’âme » à leur épargne ?

« Si l’on voulait en dresser un portrait-robot, l’épargnant solidaire apparaîtrait sous les traits d’un homme (à 55%), âgé de près de 46 ans, vivant en Ile-de-France (31%) et investissant en moyenne 4.306 euros sur des produits solidaires », explique-t-on chez Finansol. Pour répondre aussi précisément à cette question, le collectif s’est lancé dans une vaste étude qualitative et quantitative – la première du genre – sur plus de 60% des épargnants solidaires en France (environ 565.000 individus). Mais l’étude apporte immédiatement un bémol : le portrait-robot de l’épargnant solidaire décrit précédemment, n’est, au final, pas si représentatif que cela ! En fait, les données globales qui ont été collectées sont fortement influencées par une catégorie bien particulière d’épargnants solidaires : les salariés qui placent l’argent de leur intéressement ou de leur participation sur un fonds solidaire proposé par leur entreprise.

Les épargnants salariés solidaires : majoritaires et moins engagés

A eux seuls, ils sont la principale raison à l’essor de l’épargne salariale depuis 2010, avec l’obligation pour les entreprises par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 de proposer au moins un fonds solidaire à leurs salariés lorsqu’elles ont mis en place un plan d’épargne entreprise (PEE). Résultat : ces épargnants salariés pèsent aujourd’hui plus de 55% des encours totaux de l’épargne solidaire et 81% des souscriptions (contre seulement 17% il y a dix ans). Logique, dans ce cas, que leur profil type vienne masquer celui des autres épargnants. En effet, le portrait-robot de ces épargnants salariés ressemble quasiment trait pour trait au profil générique précédemment décrit : plutôt un homme (56%), âgé en moyenne de 44 ans et 5 mois, résidant à 35% en Ile-de-France avec une épargne solidaire moyenne de 3.485 euros. Leurs motivations sont elles aussi spécifiques : même si Finansol parvient à isoler trois sociotypes différents, baptisés « le bienveillant sans effort », « l’épargnant convaincu » et « l’épargnant qui s’ignore », le collectif concède qu’il s’agit dans l’ensemble d’une population d’épargnants solidaires plutôt « passifs » pour qui cette démarche « ne représente pas un engagement fort ».

Les « vrais » épargnants solidaires – ou en tout cas les plus investis – se retrouvent répartis par Finansol dans deux grandes catégories : les épargnants bancaires solidaires et les épargnants via une entreprise solidaire. Explication.

L’épargnante bancaire solidaire trois fois plus investie

Première différence notable : l’épargnant type dans cette catégorie est une épargnante (à 54%) ! Plutôt plus âgée que l’ensemble (plus de 52 ans en moyenne), elle se retrouve surreprésentée en Rhône-Alpes (16%), Ile-de-France (15%) et Pays de la Loire (7%). Autre trait marquant, son fort investissement dans l’épargne solidaire se traduit dans les chiffres : le montant moyen de leur épargne solidaire s’élève à 11.510 euros, soit quasiment trois fois plus que celle des épargnants salariés. De fait, même si cette catégorie d’épargnants ne représente que 10% des souscriptions solidaires, elle pèse tout de même 37% des encours. Dans cet ensemble, Finansol isole 4 profils différents, à la dénomination assez évocatrice : l’idéologue, la militante associative, l’occasionnelle, pour qui la dimension solidaire des produits d’épargne est appréhendée comme un « plus » pour départager deux placements, et la pragmatique, agissant par conviction mais « pour qui le caractère solidaire du produit n’est pas suffisant ». L’étude note par ailleurs que 45% des premiers versements sur ce type de produits ont eu lieu depuis le 1er janvier 2010. Un élément prouvant que cette catégorie ne se limite pas un cercle fermé d’épargnants militants. « Le cercle des épargnants solidaires plus engagés a continué à s’élargir et a même pris de l’ampleur depuis fin 2008, année qui a mis en lumière les excès de la spéculation financière », explique-t-on chez Finansol.

Les épargnants via une entreprise solidaire : des profils de donateurs

Cette dernière catégorie, regroupant les individus ayant souscrit des parts de capital d’entreprises solidaires ou d’autres produits (dépôts à termes, obligations associatives, etc.) proposés directement par une entreprise solidaire, est assurément la plus « confidentielle » et aussi la plus hétérogène. Pesant 9% des souscriptions et 8% des encours, elle rassemble une majorité d’hommes (54%) âgés de plus de 49 ans de moyenne, et des profils aussi différents que le « militant solidaire » et quelques variantes du « donateur » (donateur diversifié, néo-donateur et donateur ponctuel). Sans connaissance particulière des circuits financiers, le militant solidaire est sensible à la nature du projet à soutenir, et se révèle être un futur bon candidat pour les produits bancaires solidaires. Les donateurs inscrivent quant à eux leur investissement dans une logique de don, plus ou mois récurrente et avec un sentiment d’implication plus ou moins fort. Les avantages en termes de défiscalisation (réduction d’impôt sur le revenu, ou d’ISF, etc.) offerts par ces dons n’en sont pas oubliés pour autant : l’étude Finansol démontre en effet que 39% des premières souscriptions ont lieu au 4e trimestre !

Partager cet article :
Sabrina LEVACHER

© cbanque.com / SL & PG / Août 2014

https://www.moneyvox.fr/actu/MoneyVox