L'innovation et la lutte contre la cybercriminalité, priorités des banques pour la fin 2014

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Les banquiers français ont bousculé l’ordre de leurs priorités pour la fin 2014 : oubliées les évolutions réglementaires, au cœur des préoccupations en 2013 ; place à la « cyber sécurité », aux réductions de coûts, à l’innovation technologique ou au lancement de nouveaux produits bancaires.

Chaque semestre, le cabinet de conseil international EY, ex-Ernst & Young, sonde un panel d’environ 300 banques européennes (1) afin de connaître le sentiment des banquiers sur l’état du marché. Dans la dernière édition, parue hier, 30 établissements français sont interrogés, dont plus de la moitié sont des « banques universelles », soit plutôt des grands réseaux, et des banques de détail.

Principale évolution par rapport aux deux baromètres 2013 : en France, les priorités ont été totalement chamboulées. Alors que les exigences règlementaires, et notamment la mise en conformité avec les accords de Bâle III, étaient au centre des attentions l’an passé, les banquiers placent assez nettement en tête des priorités pour les six prochains mois la « cyber sécurité », citée comme importante ou très importante par 60% des sondés, et l’innovation technologique (57%). Parmi les autres chantiers mis en avant : la limitation des coûts (48%) et le lancement ou l’élaboration de nouveaux produits (45%).

40% des Français prévoient des réductions d’effectif

Contrairement aux autres banquiers européens, toujours soucieux à l’égard de la réglementation et de la gestion du risque, les Français semblent désormais concentrés sur trois grands axes de travail : faire des économies, repenser l’offre de produits et de services, sans oublier la gestion de la cybercriminalité.

Ainsi, conscients de la nécessité pour leur entreprise de faire des économies, 40% des sondés français s'attendent à des réductions d'effectifs, contre 38% au niveau européen. Avec un secteur épargné : la banque privée, plutôt en phase d’embauches. La situation semble toutefois plus positive qu’au second semestre 2013 : 53% des sondés prévoyaient des réductions d’effectifs pour le début 2014.

Booster l’épargne et les dépôts bancaires

Quid des lancements de nouveaux produits évoqués par ces mêmes banquiers français parmi les priorités de la fin 2014 ? Le sondage ne livre pas plus de détails sur leur nature mais une autre question offre une piste : 70% des sondés estiment que leur banque incitera ses clients à effectuer des dépôts lors des six prochains mois. Selon les sondés, c’est l’activité qui mobilisera le plus son établissement, devant l’octroi de prêts par exemple.

Pour l’anecdote, ce baromètre relève aussi que si les banquiers français sont les plus pessimistes des Européens quant à la conjoncture économique de leur pays, ils sont les seuls, avec les Polonais, à ne pas imaginer que leur rémunération puisse baisser : sur les 30 banques étudiées, aucun sondé n’a cité une perte de revenus, alors que 24% prévoient une revalorisation salariale de 2 à 8%.

(1) 294 pour cette édition du 1er semestre 2014 du baromètre bancaire européen. EY affirme interroger des « senior bankers » (le rapport est en anglais), c’est-à-dire des banquiers confirmés ou haut placés. Le sondage a été réalisé via un questionnaire web et par téléphone en mars et avril 2014.

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© cbanque.com / BL / Juin 2014