Jeux d'argent : les joueurs français misent en moyenne 2.000 euros par an

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CC Triin Q/Flickr

Sur ces douze dernières années, les Français ont été de plus en plus attirés par les jeux d’argent. La Française des Jeux, le PMU, les casinos et, plus récemment, les sites de jeux en ligne brassent des sommes d’argent considérables : les Français ont parié 46,2 milliards d’euros en 2012. Les mises ont augmenté de 76% entre 2000 et 2012.

Remporter le gros lot fait toujours rêver ! Les Français sont toujours aussi friands des jeux d’argent, de plus en plus même depuis le début du siècle. Selon le dernier numéro d’Insee Première (1), le montant total des mises a augmenté de 76% entre 2000 et 2012 et ces sommes misées ont atteint 46,2 milliards d’euros en 2012. Aujourd’hui, un joueur mise en moyenne 2.000 euros par an et sa dépense, nette des gains perçus, est de l’ordre de 400 euros par an.

Les jeux d’argent représentent 0,8% du budget consommation des ménages français en 2012 ; en 2000, le taux était à peine inférieur mais dix ans plus tôt, en 1990, il n’était que de 0,6%. Pour l’Insee, « le secteur a bénéficié du dynamisme des principaux acteurs et notamment d’une diversification de l’offre de la FDJ [Française des jeux, NDLR] », ce qui expliquerait l’engouement de plus en plus grand des Français pour les jeux de hasard.

Les sites de jeux en ligne ont du mal à s’imposer

Dans le détail, les produits de la FDJ et du PMU (Pari mutuel urbain) sont ceux qui ont connu la plus forte progression entre 2000 et 2012 à, respectivement, « +59% et +50% en valeur » soulignent les auteurs de l’Insee Première. Dans le même temps, l’activité des casinos n’a augmenté que de 11%. Cette croissance limitée est expliquée par les évolutions réglementaires qui ont touché ces professionnels : contrôle d’identité obligatoire, puis interdiction de fumer. Ils ont également dû faire face à un nouveau concurrent en juin 2010 : les sites de jeux en ligne. « Ces jeux ont bénéficié en 2010 d’un fort engouement qui s’est estompé par la suite » explique l’Insee. « Leur produit brut progresse de 3,6% entre 2011 et 2012, puis diminue (– 6% entre le 3e trimestre 2012 et le 3e trimestre 2013) tiré vers le bas par le recul des jeux de poker. » Les paris sportifs, football et tennis, sont les seuls à rester attractifs.

Outre leur croissance importante, les deux opérateurs historiques, FDJ et PMU, se distinguent par leur domination du marché : tous les deux concentrent 71% de l’activité. « Ils sont suivis par les casinos (24 %) et les jeux en ligne (5 % hors activités en ligne menées par le PMU et la FDJ) » précise la publication. Après deux ans d’existence, le secteur des jeux en ligne est le seul à ne pas dégager de bénéfices.

10% des joueurs actifs ont une pratique excessive

Le dernier numéro d’Insee Première ne révèle pas le nombre de Français à jouer aux jeux d’argent. Toutefois, en s’appuyant sur le baromètre santé 2010 de l’INPES-OFDT, il affirme qu’un joueur sur quatre est un joueur actif, « c’est-à-dire qu’il joue plus de 52 fois par an ou mise plus de 500 euros dans l’année. » Ce joueur actif est généralement un homme âgé de 47 ans et moins diplômé que la population totale. Pour les jeux en ligne, le profil type est plus jeune et plus diplômé.

10,8% des joueurs actifs seraient des joueurs à risque, soit 13 adultes sur 1.000. Là encore, les hommes sont plus concernés que les femmes. En revanche, ils sont en moyenne plus jeunes et moins aisés que les autres joueurs. La proportion française de « joueurs problématiques » se situe au niveau de la moyenne européenne. En Europe, l’Allemagne et la Norvège ont un taux de prévalence plus faible ; hors Union européenne, les Etats-Unis et l’Australie sont les deux pays qui affichent le plus grand risque au jeu problématique. « Il faut toutefois prendre ces données avec précaution, tous les pays n’utilisant pas la même échelle de mesure de la prévalence » conclut l’Insee.

(1) Insee Première est une publication de l’Insee qui présente en quatre pages des études économiques.

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Sabrina LEVACHER

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