Lancée en octobre 2011 avec un capital de 8.000 euros, Bankin’, qui permet de piloter son budget sur mobile, totalise près de 250.000 téléchargements un an plus tard. Le service vient de s’étendre sur le web (uniquement pour les abonnés pour l’instant), en attendant très prochainement une version pour tablettes. Entretien avec un de ses co-fondateurs, Joan Burkovic.

Comment vous est venu l’idée de lancer une application mobile de gestion de budget ?

« Etudiants, avec Robin Dauzon (co-fondateur du service, NDLR), nos comptes étaient dans le rouge chaque fin de mois, alors que nous avions l’impression de faire attention. Où était parti l’argent ? Nous avons cherché un service qui nous aiderait à répondre à cette question. Mais nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait aucune innovation dans ce domaine. Nous avons donc créé un petit prototype pour nous-mêmes, au cours de l’été 2010. Nous sommes ensuite passés par un accélérateur de start-ups, avant de lancer l’application en octobre 2011. Le succès a été immédiat : nous avons rapidement atteint les 50.000 téléchargements, sans mettre un euro dans la communication, simplement par le bouche-à-oreille. »

Quels services propose aujourd’hui Bankin’ ?

« L’application, gratuite, récupère et trie automatiquement les opérations effectuées sur un ou plusieurs comptes, par poste de dépense, avec un taux de réussite de presque 100%. Elle permet ainsi d’avoir un accès instantané à l’ensemble de ses comptes, dans une interface plus agréable que celles proposées par la plupart des banques. Nous proposons également une version premium avec abonnement (5,49 euros par mois ou 33,99 euros par an, NDLR) qui permet d’accéder à des options avancées : l’ajout de notes sur les transactions, l’historique illimité, l’accès à la version web du service… Et nous avons plusieurs pistes dans le futur, comme proposer des objectifs de budgétisation ou des objectifs d’épargne. Mais ce n’est pas encore à l’ordre du jour. »

Que faites-vous des informations recueillies sur vos utilisateurs ? Comment en assurez-vous la confidentialité ?

« Nous ne vendrons jamais les données d’un utilisateur, sauf s’il le demande. Mais notre modèle est effectivement de monétiser les informations recueillies. En ce qui concerne la sécurité, notre système est « audité » tous les jours et nous répondons à toutes les normes de sécurité. Le service, par ailleurs, est non nominatif et en lecture seule : il est donc impossible de faire des transactions depuis Bankin’. »

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Où en sont vos relations avec les banques ?

« Nous travaillons avec certaines d’entre elles, comme le Crédit Agricole ou Axa Banque. Mais généralement, il y a une réticence de leur part. Leur sentiment est que nous coupons la relation qu’elles ont avec leur client. Je pense le contraire : nous encourageons les utilisateurs à s’intéresser à leurs comptes en leur fournissant des outils pratiques, et au final, à se rapprocher de leur banquier pour optimiser la gestion de leur argent. Nous pourrions même être un nouveau canal d’acquisition pour les banques, en proposant par exemple, au sein de Bankin’, la souscription de produits d’épargne ou de crédits. Nous en discutons, nous verrons si cela aboutit. »

Comment envisagez-vous l’évolution du marché du PFM (Personal Finance Management) dans les prochains mois ?

« Je pense que nous entrons dans une phase de forte croissance : 2013 sera l’année du PFM. Notre objectif est d’ailleurs d’atteindre le million de téléchargements début 2014. Avec une telle audience, nous allons vraiment transformer la relation bancaire. »