La Banque centrale européenne (BCE) bougera, « s'il le faut » ses taux d'intérêt pour ramener l'inflation sous les 2% l'année prochaine, a indiqué mardi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui siège au sein du conseil des gouverneurs de la BCE.

« Nous ferons ce qu'il faudra pour ça, (...) s'il le faut, nous bougerons les taux d'intérêts, pour l'instant nous maintenons les taux d'intérêt à 4% parce que ça nous paraît le niveau approprié », a poursuivi M. Noyer, sur RTL.

Le gouverneur de la banque de France a mis en garde les chefs d'entreprise contre une hausse des salaires, qui pourrait selon lui entretenir l'inflation. Il leur a demandé que de telles augmentations soient conditionnées à des hausses de productivité.

« Nous avertissons tous les chefs d'entreprises qu'ils ne doivent pas faire évoluer les salaires, les marges, comme si l'inflation devrait rester à 3,5%, il faut se caler sur notre objectif qui est de moins de 2%. Le pouvoir d'achat, ça se gagne par le travail et la productivité. Si les entreprises font des gains de productivité (...), à ce moment-là, on peut et il faut distribuer des salaires», a-t-il ajouté.

La BCE a maintenu son taux directeur à 4%, mettant régulièrement en garde contre les risques d'inflation, contrairement à la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a ramené depuis l'été son taux directeur de 5,25% à 2,25%.

Dans la zone euro, l'inflation a atteint en mars un niveau record, à 3,6% sur un an, selon l'Office européen des statistiques Eurostat. En France, elle s'est élevée à 3,2% en mars, selon l'Insee.

Frais bancaires : jusqu'à 223 € d'économies grâce à notre comparateur

« Nous avons en ce moment une poussée d'inflation, il faut se garder de penser que l'inflation est de retour », a estimé M. Noyer. Pour le gouverneur, cette hausse des prix est due au pétrole et aux produits alimentaires, mais n'a « rien à voir avec la France ou la zone euro ».

« Sauf à imaginer que le prix de ces matières premières continue à monter indéfiniment, et ruine l'économie mondiale, et de toute façon les prix retomberaient puisque personne ne consommerait plus, (...) c'est impossible que ça continue comme ça », a-t-il conclu.