Les pays de l'UE doivent présenter des stratégies "claires" et "crédibles" de réduction de leurs déficits, "condition nécessaire" pour retrouver une croissance "forte" et "soutenable", estime le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquim Almunia.

"Il n'y aura pas de croissance forte, soutenable et équilibrée (...) si l'on n'enraye pas la spirale de la dette", assure M. Almunia dans une tribune dans le quotidien Le Monde publiée lundi.

"Les objectifs de croissance et d'assainissement des finances publiques sont un seul et même combat", et réduire les déficits est "une condition nécessaire pour augmenter le potentiel de croissance qui a été sévèrement et durablement affecté par la crise", insiste l'Espagnol, qui sera chargé de la Concurrence dans la prochaine Commission.

Les pays de l'Union européenne doivent, selon lui, présenter des "trajectoires claires, crédibles et coordonnées", annonçant le rythme et les méthodes de résorption du déficit.

Le déficit public moyen de l'UE est prévu à 7,5% du Produit intérieur brut (PIB) l'an prochain et la dette publique devrait atteindre près de 84% en 2011.

Les ministres des Finances de l'UE doivent se prononcer mercredi sur les recommandations de Bruxelles, qui a engagé des procédures pour déficit excessif contre neuf Etats membres. La Commission a aussi accordé un an supplémentaire à certains pays, dont la France, pour ramener leur déficit public sous la barre des 3% du PIB.

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Ces recommandations ont été publiquement contestées par la France et la Belgique, qui, selon la Commission, doivent revenir sous les 3% respectivement en 2013 et 2012.

Paris, qui table sur 2014, fait valoir que les délais impartis par Bruxelles ne sont pas réalistes, et assure ne pas vouloir augmenter les impôts, misant sur un retour de la croissance et une meilleure maîtrise des dépenses pour réduire le déficit.

Selon Joaquin Almunia, dans les pays où les dépenses publiques et la pression fiscale sont déjà élevées, "l'effort devra venir essentiellement d'aménagements du côté de la dépense", mais pas "uniquement", laissant entendre qu'il faudrait probablement aussi augmenter les impôts.