Les valeurs bancaires ont brutalement chuté jeudi sur la plupart des marchés boursiers en Europe en réaction aux graves difficultés financières de Dubaï.

Les actions bancaires ont perdu entre 5 à 7%, notamment Barclays en Grande-Bretagne qui a terminé sur une chute de 7,97% à 291,10 pence jeudi soir et Deutsche Bank qui a perdu 6,38% à 46,65 euros en Allemagne.

Ces valeurs souffraient également de la publication d'un rapport inquiétant pour les banques allemandes.

La chute de ces actions a été déclenchée à l'annonce par Dubaï de son incapacité d'honorer à temps une partie de sa dette.

L'émirat a annoncé mercredi qu'il allait demander aux créanciers de son conglomérat Dubai World, le plus large et le plus endetté, de surseoir au paiement de la dette arrivée à maturité.

Pour Jean-Louis Mourier, stratégiste actions à la maison de courtage Aurel, l'incertitude sur l'identité des créanciers pèse sur le secteur et sert de prétexte à une correction boursière.

Selon une étude de Credit Suisse, l'exposition des banques européennes à la dette de Dubaï et des sociétés qui lui sont rattachées est estimée à environ 13 milliards d'euros.

Les analystes de Credit Suisse précisent que l'exposition des banques européennes au Moyen-Orient ne dépasse pas 1 à 2% de leurs engagements, Dubaï n'en représentant qu'une portion.

Dans l'hypothèse où Dubaï et ses entités parapubliques feraient défaut sur 50% de leur dette, la facture se monterait à 5 milliards d'euros pour les banques européennes, ce qui induirait une augmentation de 5% de leurs provisions pour 2010, selon la note.

La dette totale de Dubaï était estimée à 80 milliards de dollars en 2008, dont 70 milliards de dollars à la charge des compagnies publiques.

Les difficultés financières de Dubaï interviennent alors que la situation de certaines grandes banques occidentales n'est pas revenue à la normale.

Ainsi, un rapport de stabilité financière de la Bundesbank a montré que la santé des banques allemandes était encore fragile et qu'elles n'en avaient pas fini avec les dépréciations d'actifs.

"Les banques allemandes sont les plus malades en Europe, (mais) il n'y a pas de raison que d'autres banques en Europe ne passent pas de dépréciations", a indiqué M. Mourier.

Sur le front des valeurs, Société Générale a cédé 5,48% à 45,62 euros, Crédit Agricole 5,19% à 13,79 euros et BNP Paribas 5,06% à 53,85 euros.

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En Grande-Bretagne, Royal Bank of Scotland a chuté de 7,75% à 32,99 pence,

Standard Chartered de 5,79% à 1.514 pence, Lloyds Banking Group de 5,75% à 88,83 pence et HSBC de 4,80% à 705,60 pence.

En outre, le London Stock Exchange, possédé à 21% par la Bourse de Dubaï, a dévissé de 7,37% à 754,50 pence.

Les valeurs financières allemandes ont également terminé en forte baisse, avec Commerzbank qui a perdu 3,86% à 6,09 euros.

Credit Suisse a perdu 5,42% à 51,45 francs suisses, suivi de Julius Baer (-4,76% à 33,19 francs suisses) et UBS qui a cédé 4,73% à 15,30 francs suisses.

En Italie, UniCredit a cédé 4,85% à 2,255 euros et Intesa Sanpaolo 4,10% à 2,865 euros.